12783756_1088096494581372_6008578005151070358_o

Depuis quelques jours, le nouvel album de Witchthroat Serpent intitulé « Sang-Dragon » est disponible intégralement en streaming.
Et si on faisait davantage connaissance avec les membres de Witchthroat Serpent ?
Interrogatoire de Niko (batteur) mené par V.

1/
V :
Salutations aussi basses que vos fréquences. Witchthroat Serpent compte parmi ses membres Kobal, maître d’œuvre de Darvulia.  Au premier abord, la distance entre ces deux projets semble se compter en parsecs : d’un côté un black metal marécageux, cryptique et maudit,  complètement infusé par une sorte de médiévolâtrie française, de l’autre un stoner doom tout en déférence vis-à-vis de ses maîtres américains, Electric Wizard en tête. Un grand écart complet donc, que seule l’obsession pour la sorcellerie semble combler. Comment est né le projet et qu’est-ce qui vous a donné envie de vous frotter à ce style ?

Niko :
L’idée a émergé suite au stand-by d’Habsyll, nous nous sommes donc dit (Fredrik et moi) pourquoi ne pas s’essayer à un doom gras et groovy avec un autre projet afin d’assouvir nos besoins de gros son et de vibrations. Nous n’étions pas à notre premier essai dans le doom et après quelques discussions sur le concept et la direction musicale nous avons formé Witchthroat Serpent et recruté Lo, le troisième membre qui officiait avec moi dans Artemisia Absinthium. Tout ceci bien sûr dans la plus pure tradition de nos projets précédents, obscur et sans concession. En effet la sorcellerie, la magie et l’occulte sont tout aussi présents dans Darvulia et Witchthroat Serpent mais là nous l’abordons de façon plus globale, plus objective sans nous limiter à l’approche du Mal mais plutôt en faisant tomber les barrières afin de palper l’invisible, le divin. La quête n’en demeure pas moins périlleuse, nos expériences personnelles sont là pour nous le rappeler jour après jour.

Witchthroat Serpent - Sang-Dragon Tour 2016

2/
V :
Je n’ai pu écouter qu’un morceau du nouvel album, mais il semble que vous soyez passés à la vitesse supérieure: le son est énorme, fuzzy, cauteleux et lysergique. De même la composition me semble plus dynamique, percutante et resserrée, taillée pour le live. Vous êtes passé entre les mains du Drudenhaus Studio, déjà exploré en prises live avec Sektarism. Comment s’est passé cet enregistrement ? Quelle était votre ambition avec ce nouvel album ?

Niko :
Nous sommes extrêmement satisfaits de l’enregistrement fait au Drudenhaus. Benoît a su apporter une touche professionnelle et un autre regard sans pour autant détourner l’essence du groupe, je dirai même qu’il nous a permis de faire ressortir les petits détails qui font la différence. Nous avons aussi apporté plus d’attention aux arrangements, progressé dans notre exécution et répété de façon très rigoureuse avant d’entrer en studio. L’enregistrement des instruments s’est déroulé en une seule journée sous l’influence de Sang-Dragon, on tenait vraiment à garder l’esprit live et vivant du trio. Les guitares additionnelles, le chant et l’orgue ont été enregistrés dans la foulée, le mix a suivi et l’album était finalisé en 6 jours. A noter que nous avons aussi enregistré 2 titres supplémentaires qui paraîtront prochainement sur un 7 »ep intitulé Striped Dragon.

WS_Hellfest

3/
V :
Actuellement le doom et le stoner ont le vent en poupe. Ils infusent même d’autres styles, le black metal lui même se psychédélise. Signe des temps ? La scène française semble pourtant avoir du mal à se démarquer.  Vous sentez vous proches de groupes comme Cult of Occult ou Bottle Doom Lazy Band ?

Niko :
Oui le Stoner a le vent en poupe mais plutôt le Stoner rock, en ce qui concerne le doom c’est quand même toujours bien undeground et la scène française a du mal à se démarquer tout                simplement car il y a très peu de groupe de doom dans l’hexagone. Je pense qu’il y a aussi une certaine habitude en France à bouder les groupes français, c’est toujours mieux ailleurs…
En France quand t’es un groupe français on te voit bien pour boucher les trous, faire les premières parties, presque il te faudrait payer pour faire des concerts! Il ne faut pas oublier le manque d’aide et de soutien et le dédain que la France a pour les musiques dites ‘extrêmes’… le tout combiné fait que nous en sommes à ce stade aujourd’hui. En ce qui concerne les 2 groupes que tu as cité, nous ne les avons pas encore rencontrés ni partagé de scène avec eux donc j’aurai du mal à te répondre, ce serait excellent de le faire mais voilà qui sait ? L’avenir nous le dira.

Avril 2016.

Facebook
Bandcamp