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La Congrégation Toulousaine Sektarism vient de sortir il y a quelques jours un nouvel album « La Mort de l’Infidèle ». Ce projet de sorti nous a fait nous souvenir de notre premier concert organisé en mars 2015 -durant lequel la formation occitane n’avait laissé personne indifférent, et avons décidé de nous entretenir sans langue de bois avec Berzerk et Kapalika, au sujet de leur vision de la spiritualité, du Black Metal et de quelques divers éléments factuels.
Entretien réalisé par V. et A. / Crédits photos et illustrations : Sektarism / Necrocosm Productions.

1/ Salutations bien basses. Tout d’abord peux-tu nous expliquer la place de Sektarism au sein des Apôtres de l’Ignominie, qui regroupe l’ensemble de tes projets ? J’y vois un peu l’écho expérimental et dronesque de Malhkebre, une sorte de copie au fusain, un terrain d’expérimentation.
Comment est née l’idée de Sektarism ? D’une suite de riffs non exploités ou d’une vraie volonté d’œuvrer dans ce style particulier ?

E. Berzerk : Dès les premiers instants où l’idée de travailler sur ce projet est venue cela émanait du plus profond de nous même, l’envie de dépouillement, d’emprunter un sentier non-balisé, le lâcher prise, l’instantané, sont les fondements de ce projet, ne s’imposer aucune contrainte autre que celle de notre condition.Donc dans un sens l’écho expérimental et dronesque des Apôtres de l’Ignominie, est une vision qui représente partiellement la genèse de Sektarism. Certainement pas d’une suite de riffs non-exploités, ni même de la volonté d’œuvrer dans un style particulier.La fraternité de deux Apôtres se lançant une nuit sans aucun autre but que de communier et créer quelque chose qui soit fort et singulier dans une vieille cave de la capitale de l’Occitanie.
Un besoin cathartique que l’on ne peut exprimer avec des mots.

 

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2/ Aujourd’hui, et bien davantage qu’à l’apparition du black metal il y a 25 ans, se revendiquer sataniste ou luciférien n’a plus grand-chose de subversif. On commence lentement à comprendre que le monde moderne dans lequel on vit est lui-même basé sur un paradigme luciférien, que le Prince de ce Monde gouverne la plupart des institutions contre lesquels nous portons naturellement notre rébellion.
Que peut devenir le black metal dans un monde ouvertement satanisé, lorsqu’il est ainsi dessaisi de son pouvoir de contestation et que sa mystique du Mal se trouve fortement érodée par les contingences du réel ? Doit-il accompagner sa chute, ou au contraire se retourner vers le monde de la Tradition ?

E. Berzerk : Se revendiquer sataniste ou luciférien n’aurait plus grand-chose de subversif ? Boulevard de la Roquette ou place de la Bastille, peut-être bien, fort heureusement le monde ne s’arrête pas à ces quelques ruelles où il peut nous arriver de nous ressourcer mais en aucun cas d’en faire un modèle ou un exemple.Le monde n’est pas ouvertement satanisé, et puis ceux à qui cela dérangerait ne seraient-ils pas au final ceux qui prenaient cette voie juste par rébellion et non comme par réel choix. Que nos élites soient lucifériennes pourraient peut-être au contraire donner du sens et de la raison à leur choix.
Ce que je pourrais dire c’est que les élites lucifériennes ont vidé de leur substance la plupart des arts sombres et extrêmes au profit du capitalisme, ils l’ont dépossédés, en même temps qui s’en souciait réellement ?Qui a participé à cette vente au rabais d’un Art ne pouvant être compris par la masse ? Chacun à sa part de responsabilité.Qui n’est pas rentré dans un Mac Do et pourtant conchie la junk food ?Pourquoi ne serait-ce pas être tourné vers le monde de la tradition que d’accompagner sa chute dans toute sa grandeur ?
Si l’on voit le Black Metal comme un symbole de rébellion vis-à-vis d’un système effectivement on peut se sentir perdu de nos jours. Par contre, si l’on voit les Arts sombres, extrêmes et occultes comme une voie d’accomplissement personnel alors non. Je parie fort que les dirigeants de Monsanto mangent bio, si le peuple n’est qu’un grand troupeau de moutons incapable de se révolter et se complaît dans ce que les élites « satanisés » leur vend et bien non, l’image du monde peut avoir évoluée entre ce que je m’en faisais en commençant à pénétrer les recoins obscures et underground du Black Metal il y a bientôt 25 ans et maintenant, mais personnellement même si je n’ai pas d’affinités particulières avec le terme élite, ayant mes racines personnelles plus encrées dans un Satanarchisme qu’autre chose.
Selon moi, celui qui se pose ce genre de questions a peut-être compris qu’il ne gagnerait pas un combat ridicule, de fait il lui faut une nouvelle voie pour se sentir à sa place.
Allez il y a encore de la place sur les canapés pour regarder la « télé » réalité, arrête de t’essouffler.

N. Kapalika : C’est une question extrêmement complexe, qui amène à de nombreux paradoxes quel que soit l’angle de vision que l’on choisit. Il s’agit d’abord de définir ce monde de la Chute dans lequel nous vivons. « Satanisé » je ne suis pas sûr : plus qu’habité d’une présence diabolique je le vois plutôt comme vidé de toute substance divine. Le religieux est présent bien sûr, de plus en plus même, mais dans une version abâtardie, exotérique, où l’interprétation littérale des dogmes et Ecritures ne laisse plus de place à la véritable élévation. Tout est simplifié, expurgé d’enseignements véritables.
Les concepts de symbolique ou d’initiation ont perdu leur valeur et leur fonction, tout est rationnel et froid… œuvre du Diable ou aseptisation héritière des Lumières, c’est un débat qui reste ouvert, mais quel que soit le point de vue qu’on y porte le résultat est le même.Le black metal a été effectivement dessaisi de son pouvoir de contestation, nul ne peut en disconvenir. C’est là l’incroyable force du libéralisme (moral tant qu’économique) de recycler impitoyablement tout ce qui peut apparaître comme une opposition. L’ennemi sera toujours tourné en ridicule s’il ne peut pas être transformé en objet lucratif. L’Occulte n’y échappe pas, et le black metal en particulier est devenu depuis bien des années déjà une parodie de lui-même, vaste mouvement grand-guignolesque qui sert de réceptacle à toutes les passions plus ou moins puériles de notre temps.
On y fantasme des choses que l’on tient soigneusement éloignées de nos vies, on y parle à s’en épuiser d’ « élévation » et de « spiritualité » sans sincère remise en question de soi, on s’en tient à des sentiers balisés par d’autres, on s’y amuse. C’est faux, c’est vide, cousu de fil blanc et empreint d’un décalage vertigineux entre ce qui est dit et ce qui est fait. Tout le monde ou presque se cache derrière un masque dans une sorte de carnaval post-moderne aussi triste qu’une Santa Muerte sur l’étiquette d’une bouteille de bière aromatisée. Oui, ça ne vaut souvent pas plus que ça.Le fait est que la mystique du Mal dans le black metal s’est suicidée depuis longtemps.

Mais faut-il le déplorer ? La nature humaine étant ce qu’elle est, c’était inévitable.
Je ne pense pas qu’il aurait été possible d’échapper à ces phénomènes de scène. C’est toujours ainsi dans une société humaine. Admiration des leaders, absence d’autocritique, copinage, conformisme, répétition, dilution du sens des symboles… il serait bien naïf de croire que le black metal y aurait échappé.Partant de ce qui est dit je pense qu’accompagner la Chute est l’aveu d’une défaite et la promesse d’une dilution. Mais vivre avec cette Chute est tout de même inévitable. Il faut en profiter et saisir ce qu’il y a à prendre pour soutenir -financièrement par exemple- ce qui est véritablement valable. Peut-être faut-il développer deux black metal parallèles : l’un ouvert, superficiel, banalisé, s’affichant pleinement à la vue de tous (en somme celui qui existe déjà), et un autre qui resterait dans l’ombre.
Un mouvement caché, vivant uniquement dans la cooptation et la clandestinité des concerts secrets à l’audience sélectionnée, aux œuvres transmises de la main à la main à ceux jugés dignes, à la communication limitée au format papier et aux forums privés.
Un black metal qui essaierait de rester pur et restreint, et se concentrerait sur sa fonction magique. Une scène d’initiés.

 

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3/ Le black metal selon moi doit rester une musique expérimentale, novatrice, une sorte d’avant-garde de l’arrière-garde.
On observe pourtant une certaine standardisation à travers celle des supports d’enregistrement, des studios et des modes, qui le confinent souvent à un son identique d’un album à l’autre.
L’ultra segmentation des genres ne fait qu’entériner cet aplatissement de la créativité : par exemple, lorsqu’on va écouter un album de drone, on sait en général exactement à quoi s’attendre. Comment aller contre cela ? Comment garder intacte la fièvre créatrice des débuts, si cela est toutefois possible ? Ce moment où le genre « black metal » n’était pas encore un carcan mais au contraire une fiole de poison dans le terreau du Possible ?

N. Kapalika : Ce constat de la standardisation du black metal est absolument réel, et pour être correctement appréhendé il appelle en premier lieu à un jugement sans concession : c’est de notre faute. A tous. Groupes, labels, critiques et simples « fans », chacun est responsable, chacun joue un rôle.Oui, aujourd’hui une grande partie de la scène donne l’impression d’être plus intéressée par la marque de ses enceintes de monitoring que par son expérience personnelle du Diable.
Oui, aujourd’hui il est plus que jamais de bon ton de se faire faire son logo ou son artwork par tel graphiste renommé, qui parfois travaille aussi avec des groupes plus mainstream (tout en leur proposant des visuels de plus en plus proches de ceux des groupes underground, conduisant à une plus grande uniformisation et dépersonnalisation de la scène) plutôt que de le faire soi-même.Sektarism ne prétend pas détenir la solution ni être resté l’entité la plus pure de toutes, mais nous avons pour philosophie de revenir à certains basiques : humilité et personnalité. Nous faisons le plus de choses par nous-même, quitte à ce qu’elles ne soient pas toujours parfaites, mais nous assumons ces défauts. Ils sont le gage d’une certaine authenticité.

Notre prochaine offrande [NDR : « La Mort de l’Infidèle »] a été enregistrée en live, principalement en improvisation : il y a des erreurs, elles s’entendent, mais quelle importance quand on prend en compte le fait que le rituel est aussi important que le produit fini ?Les dérives qu’a connu le black metal sont, je le répète, inévitables. Ne nous en sommes nous tous pas satisfait à un moment ou un autre ? N’avons-nous pas tous cherché ou privilégié cette « professionnalisation » ?
N’en ayons pas honte : à un certain point elle était même bénéfique.

Rester enfermé dans une cave avec un quatre pistes à bande et s’en tenir aux pochettes en noir et blanc est une impasse. La préservation de la pureté n’apporte jamais que la consanguinité et le dépérissement, en musique comme en toutes choses. Il faut faire preuve de contrition, de lucidité, et aux attentes et façons de faire de la scène privilégier le travail laborieux mais passionné de l’artisan.

E. Berzerk : C’est une question de balancier, et de cycle. A cette heure, il semble en effet important de reprendre des voies plus authentiques, à l’image des circuits courts alimentaires pour contrer la grande distribution. Ce qui compte, se sont les rapports que l’on peut entretenir, la manière dont on les entretiens et avec qui.
Pour ma part, Sektarism et les Apôtres de l’Ignominie sont appeler à revenir à ces valeurs, cela n’est pas pour autant que nous nous retirerons de tout, il faut pouvoir créer des passerelles.
Même un produit de qualité peut se trouver dans un rayon incarnant ce qui nous répugne le plus.
Nous avons toujours joué au funambule et il semblerait que cela soit quelque chose qui nous corresponde finalement assez bien.

 

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4/ Concernant le live. On sait que les « rituels » de Sektarism nécessitent des conditions particulières. Peux-tu nous les décrire ? As-tu (Berzerk) besoin d’être dans une condition physique particulière pour chanter ? Quelles sont les performances scéniques qui t’ont particulièrement marqué, tous styles confondus ?

N. Kapalika : Il y a effectivement des conditions particulières nécessaires à la bonne réalisation d’une performance. En soi elles n’ont rien d’exceptionnel. Nous avons notre décorum, c’est la base, le matériel sur lequel s’appuie notre feu pour se catalyser. Ensuite c’est une question de préparation mentale : avoir ancré à l’esprit le clair dévouement à un rituel, se couper du monde du dehors, rejeter le mondain et faire le vide en nous pour y accueillir l’Acte. Chacun parmi nous a sa propre façon de nourrir sa transe.
Elle peut être discrète et paisible ou manifeste et violente, selon nos personnalités propres. Je ne dévoilerai jamais ce qui se passe dans les loges dans l’heure qui précède notre arrivée devant le public. C’est purement du domaine privé, et cela doit le rester : tant pour préserver la mystique extérieure de Sektarism que pour ne pas donner de « modèle à suivre » à certains qui seraient peut-être tentés.
Ne vous occupez pas de la façon dont nous-mêmes ou d’autres méditent, apprenez à le faire par vous-même.Je parlais d’artisanat dans la question précédente, c’est le cas ici également. On drape souvent l’occulte dans des mots et concepts compliqués, à tort.Il n’est pas nécessairement besoin de tortueuses circonvolutions mentales sur les Qliphoths (même si c’est un sujet intéressant) pour arpenter la Voie de la Main Gauche, ni d’accumuler objets et symboles pour la pratiquer. C’est notre rapport intime aux choses qui fait tout, et un seul talisman, une seule pensée peuvent catalyser énormément d’énergie et ouvrir la porte à de nombreux possibles. On peut créer la transe avec rien, littéralement, et je trouve que ça rend son Mystère si entier. Simplicité, dépouillement… ce sont des valeurs qui me sont chères.
Ne pas en faire plus que ce qui est personnellement nécessaire, et définir ce nécessaire en apprenant à se connaître soi-même, par notre pratique, par notre auto-analyse. Pas en singeant des modèles. Notre société porte l’image en haute place, et c’est surtout vrai dans le black metal.
On se montre et on se regarde. Et on imite. Faire l’inverse, ne se soucier que de soi, faire les choses par soi-même, construire notre pratique selon ce qui ressort quand on sonde nôtre âme, sans se poser la question des modèles, des genres, des usages… une pratique personnelle, sincère, détachée.

 

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5/ Nous vivons dans un monde d’après la Chute. L’enseignement gnostique nous enseigne  que le temps et la matière elle-même sont les barreaux d’une prison, que l’homme fut estropié de ses parties divines par des semi-divinités revanchardes, obtuses et jalouses, dont Yahvé serait une des incarnations. Cette croyance est à la base d’un certain christianisme mystique, qui lui-même fut à la base du catharisme, puis du luciférisme.
Comment te situes-tu par rapport à cette croyance ?
Je vois dans la dénomination même des « apôtres de l’ignominie » ce que les gnostiques appellent les geôliers de ce monde, soit les archontes sinistres, maîtres de l’Hebdomade, qui gouvernent à nos sens. Pourtant dans cette conception des Choses la figure de Satan est prométhéenne, voir adamique, et fait figure de révélation. Ignominie et révélation sont-ils solubles l’un dans l’autre ?

E. Berzerk : Ignominie et Révélation sont solubles à celui qui le veut, et le peut. Il y aurait long à dire sur cette question et je serais tenté de te dire qu’échanger de la sorte sur une plateforme digitale touche à nos limites. Toutefois, les Apôtres de l’Ignominie sont passeurs et geôliers et pour ma part je me sens moine-soldat d’une croyance qui m’est propre, qui n’est pas élitiste mais occulte et personnelle. Sachant qu’au sein même des Apôtres, il y a presque autant de voies et de visions à cette question qu’il y a de visages et qu’il y a un nombre de visages bien plus important que d’Apôtres.

 

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6/ Nous vous avons fait jouer à Paris en mars 2015, sur une affiche expérimentale mêlant tout aussi bien du Harsh noise qu’une interprétation de l’œuvre « In C » de Terry Riley par l’ensemble minimaliste « S.A.I. », néanmoins de ce que j’ai pu voir et entendre au sein du public lors de cette soirée, votre prestation a été très remarquée. Était-ce une soirée particulière pour vous ? Par le biais de chroniqueurs, le public a toujours un avis sur les prestations ; nous voulons aujourd’hui connaitre le point de vue des artistes : comment avez-vous vécu cette date atypique ?

N. Kapalika : De notre point de vue ce fut une date extrêmement réussie, à tous les niveaux. Il y a d’abord les remerciements et louanges à témoigner quant à l’organisation. Œuvrer avec des personnes qui nous comprennent et savent nous mettre dans les meilleures dispositions est un plaisir qu’on ne croise pas si souvent.
C’est important, il ne s’agit pas d’un simple concert mais d’Art Noir, il faut garder ça à l’esprit. Pour le reste notre prestation nous a pleinement satisfait, nous l’avons pleinement vécue nous-même, la transe s’est produite comme espéré… je pense que quand cette libération se produit cela se ressent forcément pour le public. Il y a un moment où tu ne fais plus, tu es. Ça n’arrive pas à chaque fois, mais ce soir-là ce fut le cas. [NDR : Le concert a été capté et couché sur bande par l’équipe du Fleuve Mécanique, et produit par Necrocosm sous forme de cassette limitée à 99 copies].

Plus haut vous posiez la question des performances scéniques les plus marquantes que nous ayons vues, j’y réponds ici : ce fut les rares fois où j’ai pu voir des musiciens atteindre ce point particulier d’implication, et le transmettre. Christicide, par exemple, est un groupe qui a toujours abordé la scène avec le plus grand sérieux, et qui arrivait à rendre palpable Sa présence. Leur son me rendait fou, il pouvait déclencher chez moi des accès de violence physique dont je ne suis absolument pas coutumier. J’ai souvenir d’un concert à Zürich à la fin duquel Scars m’a lui-même témoigné que « le Diable était ici ce soir ». Il l’avait senti, comme nous tous.L’explosion du refoulé qui a saisi le peu de personnes présentes a été étonnante, ce fut une célébration de l’instinct embaumée d’une odeur de soufre, quelque chose d’incroyable à vivre. SunnO))) aussi, la seule fois où je les ai vus, ont déclenché chez moi une adoration malsaine surprenante, m’entrainant dans une célébration noire qui a contribué à changer ma compréhension de l’acte live. Mais le choc mental le plus violent m’a sans conteste été infligé par Dead Congregation qui lors d’une date ont réussi à invoquer un égrégore d’une puissance monstrueuse. J’ai été subjugué par l’Entité qui a mis à bas la plupart de mes défenses mentales. Ce n’est pas qu’une impression, c’était physiquement sur moi et ça m’a vaincu.J’ai fini psychiquement nu, vidé de moi-même, comme violé par la puissance de la transe.

Ce Qui Etait Là m’a pris, complètement. Ce fut une expérience bouleversante, je ne l’avais pas prévue et je ne pense pas en revivre d’autres… Non, ces maudits grecs ne font pas « que » du death metal. A ce niveau de puissance maîtrisée dans les énergies déployées c’est de la haute magie, purement.De la magie sans bougies, sans tentures, sans costumes, sans encens, sans rien d’autre que leurs instruments ; un dépouillement voulu, une implication totale et la capacité hors du commun de transmuer en riffs la trame maléfique de l’Acausal. Juste par Soi.
C’est une leçon de simplicité, d’authenticité et même d’humilité que je méditerai encore longtemps.

Hiver 2016/2017.

 

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